L'écriture et l'amour procèdent de la même tension, de la même joie, de la même perdition. - Nina Bouraoui

L'écriture et l'amour procèdent de la même tension, de la même joie, de la même perdition. - Nina Bouraoui
On regarde à travers le petit rectangle qui nous autorise un regard sur l'extérieur. Rien. Rien d'autre qu'une immense étendue blanche, éblouissante. Une étendue infinie. Aucun doute. C'est bien là. A moins que...
Mais n
on, il ne peut y avoir d'autres possibilités, ce ne peut être que cela. Cette étendue qui fait mal aux yeux. Et aussi ces petites secousses de temps à autres. Je bois un peu de mon jus d'orange imbuvable et trop froid pour ne pas qu'il déborde à la prochaine secousse. Il ne faudrait tout de même pas que je me tache. J'aurai l'air malin avec une tache. Je m'aperçois à cet instant qu'un petit sachet a été déposé sans que je le remarque. Je le regarde avec curiosité, je suis curieux de tout. Puis, je l'ouvre, doucement, car je ne sais pas trop à quoi m'attendre. Sera-t-il plein ou à moitié seulement, comme toujours ? Un petit bruit, sec, discret, et la révélation. Une moitié seulement. Il fallait s'y attendre. Pourquoi en aurait-il été autrement ? C'est toujours ainsi. Et en même temps, ça ne change pas grand chose. De toute façon, je réussirai à piquer celui de mon voisin sans qu'il ne s'en aperçoive. J'ai toujours été doué pour cela. Jamais je ne me suis fait prendre. Pourquoi maintenant ?
La
technique est simple, rapide, efficace. Un coup d'½il pour vérifier qu'il n'y a personne qui fait attention à moi, personne non plus en garde. Un dernier regard au voisin en question. Plongé dans un sommeil peu profond mais suffisamment pour qu'il ne remarque rien. L'instant parfait. Je me lance sans plus tarder. C'eut été risqué autrement. Hop ! Ni vu ni connu. Le déplacement d'air à éveiller le voisin, qui n'ouvre cependant même pas les yeux, bien trop occupé à ne pas perdre le rêve qu'il était en train de faire et qui semble palpitant, excitant. Je remercie intérieurement le rêve qui garde encore quelques minutes mon voisin, et qui me laisse quelques minutes de répit afin que je me délecte du contenu du sachet à moitié plein. C'est infect, mais il faut se nourrir, en tout cas c'est ce qu'on raconte un peu partout. Il faut boire aussi. Donc j'avale deux goulées de jus froid. Un frisson me parcourt au même instant. Il suit la progression des gouttes sucrées dans mon organisme. Je me contle afin de ne pas vomir.
Pu
is, je me mets en quête d'un nouveau sachet. C'est mon côté contradictoire. Tout le monde trouve cela étrange. Moi, je ne vois pas ce qui cloche. Vomir est une chose répugnante mais fantastique. Les vaches ruminent. Moi, je vomis, c'est encore mieux. Une fois, j'ai essayé d'avaler. Une sensation acide s'était emparée de moi. C'était terriblement excitant. Je ressentais ce que ressentais chaque vache, chaque jour. Sauf qu'elle, c'était de l'herbe. Moi, c'était un mélange coloré : jardinière de légume et b½uf en sauce. Je ne voulais pas libérer ce déversement de couleurs immédiatement. J'étais égoïste. Je le gardais un peu plus longtemps pour moi seul. J'adorais être égoïste. C'était tellement drôle. Les gens ne comprenaient jamais, et s'énervaient. On peut dire que c'était source de jouissance pour moi de voir ces réactions extraordinaires.
Cependa
nt, on passe, on ramasse ce qu'il y a sur les tablettes. Je cherche désespérément un sachet. Mais je n'en trouve nulle part. Je commence à paniquer. Il me faut un sachet, rien qu'un petit sachet à moitié rempli. J'ai tellement besoin de vomir. Tout le reste est prêt : le sac, la serviette, l'eau. J'ai même fait réserver les toilettes pour une période de dix minutes, au cas où cela tournerait mal. Il ne me manquait plus qu'un sachet.
Trop t
ard, on est passé. Il ne reste absolument plus rien. Je devrais retenir mes régurgitations. Combien de temps ? Je n'en avais aucun idée, et cela m'affolait quelque peu. Coïncidence bienheureuse, un écran tomba juste en face de moi. Il indiquait le temps restant : cinq heures. Cinq heures avant de pouvoir vomir. C'était si long.
Alors, je regarde à travers le hublot la couverture nuageuse qui forme un tapis blanc. Mon voisin dort toujours. Je détache ma ceinture, escalade mon voisin, et je me retrouve dans une des deux allées. Une hôtesse me dit de retourner m'asseoir car on arrive dans une zone de turbulence. J'obéis. Avec un peu de chance, je ne serais peut-être pas obliger d'attendre cinq heures pour vomir. Les turbulences me porteront chance. Du moins je l'espère fortement.
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# Posté le samedi 07 novembre 2009 18:04

La vie est une saloperie corrosive. - Maxime Chattam

La vie est une saloperie corrosive. - Maxime Chattam
Il y a des jours comme ça. On ne contrôle plus rien, tout che en même temps, et on craque. A partir de ce moment là, tout s'écroule au même moment. On se vide telle une fontaine, on se maudit, on voudrait s'arracher les organes les uns après les autres, on s'accuse d'atrocités. Tout ça pour finalement pas grand chose. Une émotion indésirable et détestable.
Mon
émotion ? La jalousie. Parce que dans toutes les séries américaines, il y a celui qui tient le rôle du jaloux, contre lequel on peste, on hurle dessus. Mais lorsque cela nous arrive, on ne veut tout d'abord pas l'admettre. L'acceptation de cette ie nous est aussi insupportable que la torture par l'acide. Oui, c'est exactement cela. La jalousie fait plus de mal à celui qui l'éprouve qu'à tout autre individu. C'est ce que l'on pourrait nommer le paradoxe du jaloux. Encore une démonstration scientifique qu'il faudrait développer.
Al
ors, pour atténuer la souffrance, on se dit qu'avouer cette émotion, à commencer par soi-même, serait certainement le meilleur à faire. On commence par s'accepter, à accepter la présence de cette émotion en soi, et on finit même par avoir l'impression d'aller mieux. On ne voit pas pourquoi il faudrait s'arrêter en si bon chemin, puisque l'on a le sentiment que la guérison est proche, à portée de main. C'est pour cela qu'on en parle à certaines personnes.
Mais les jours passent, et au lieu d'aller mieux, cela ne fait qu'empirer. On se demande pourquoi, s'interrogeant sur ce qui ne va pas. Mais aucune réponse ne nous apparaît. A cet instant précis, on sait pertinemment que la fin est imminente. On projette même de la faire survenir un peu plus tôt que prévu. Un événement qui pourrait facilement être déguisé en accident. Cela arrive tous les jours.
Le problème, c'est les
autres. Que ce soit ceux qui savent comme ceux qui sont dans l'ignorance la plus parfaite. Ils nous empêchent d'agir comme bon nous semble. Intérieurement, on est très partagé : d'un côté on est touché, extrêmement touché de leur attention, on se rend compte que l'on peut être apprécié de quelques personnes, mais d'un autre côté, on est fortement tenté de leur dire de la fermer, de les envoyer chier, car malgré tout, ils font échouer nos plans dépressifs. Au final, on opte généralement pour la première solution. Mais lorsqu'il n'y a plus rien à faire, ne pourrait-on pas simplement prendre la deuxième possibilité qui s'offre à nous ? Au fond, ceux qui s'inquiètent pour nous n'en tiendront pas compte très longtemps, à condition toutefois qu'ils en tiennent compte ne serait-ce qu'une fraction de seconde. Car on sait tous l'hypocrisie des gens. On sait très bien, trop bien même, combien chacun n'en a rien à foutre d'autrui. Mais c'est un trait de caractère tout à fait normal. Certains ont l'audace de se dire sincère, on est même tenté de les croire. Mais si on réfléchit bien, tout le monde ment, rien n'est vrai.
L
'écriture a ceci qu'elle rend le poids empêchant la parole beaucoup plus léger. Elle nous fait également nous sentir lâche. Lâche de ne pouvoir dire les choses.
L'écriture e
st ainsi le seul moyen permettant à l'écrivain de génie de se décharger de sa jalousie maladive, qui le ronge progressivement de l'intérieur. Cette jalousie qu'il hait tant. Cette jalousie qui le pousse dans des retranchements encore inconnus à ses yeux. Cette jalousie liée à la peur, la peur de l'abandon, la peur de l'attachement, la peur de l'erreur et surtout la peur de la fin. Car cette jalousie n'est que le symptôme de la véritable maladie. Elle est apparue comme la rouille, parce que la machine est en panne, à cesser de fonctionner. Tout ça parce que le moteur ne tourne plus. Ce moteur qui pendant des mois a été alimenté par le malheur, ce moteur rouille à présent, car il n'est plus alimenté correctement.
Malgré tout, la m
achine se remettra en route, sans son moteur, mais il n'y a pas d'autres solutions, car sinon, elle ne se remettra pas en marche, et elle finira à la décharge. Et ça, c'est hors de question.

Je ne veux pas d'excuses, pas de pleurs, pas de tristesse. Je veux simplement du bonheur, des sourires, et de la compréhension.
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# Posté le lundi 05 octobre 2009 14:48

Solitude et écriture sont du même sang. On ne nous aime que quand on n'en a plus besoin. - Claude Péloquin

Solitude et écriture sont du même sang. On ne nous aime que quand on n'en a plus besoin. - Claude Péloquin
Après deux mois d'absence, l'écrivain au talent tellement immense recommence à vous offrir ses oeuvres sublimes =) Bonne rentrée!

Dix minutes déjà que j'attendais le bus. Ce moyen de transport tant détesté mais malheureusement incontournable. Ce n'était pas tant le véhicule qui était mis en cause, mais plutôt son chauffeur. De vrais cons, tous autant qu'ils sont. Entre celui qui vous indique un mauvais itinéraire par pure méchanceté, celui qui passe quand il veut par pure fainéantise ou celui qui siffle les filles en mini jupe par pure perversité, aucun ne peut apparaître sympathique aux yeux de qui que ce soit. Ou presque. Car les locaux ne subissent jamais ce genre d'aventures. Quand je dis que ce sont de vrais cons...
Tou
jours est-il que j'attendais depuis dix minutes déjà mon bus. En plein soleil, évidemment, et dans une fournaise atroce, car l'ombre et la fraîcheur – naturelles, car tous les magasins et autres lieux clos en fournissent en abondance – étaient aussi présentes que des ours polaires dans les forêts tropicales, si l'on ne compte pas ces séries américaines complètement délurées et impossible à comprendre à moins d'avoir Bac +47.
C'est ainsi
que j'eus l'idée extraordinaire de compter le nombre de volants placés du côté gauche au lieu du côté droit, réglementaire sur ce caillou chaud et sec – mais où l'eau semble couler à flot, et où elle ne semble pas mais le fait réellement tous les matins dans les ruelles bondées chaque nuit.
Après une vi
ngtaine de minutes de scrutage intensif – activité très prenante cela dit, et qui fait passer le temps avec une vitesse admirable – je dénombrai trois extra-terrestres. Etant moi-même un descendant lointain de E.T., mais pas pour une question de volant placé du mauvais côté, je me trouvais fortement rassuré. Seulement, alors que je notais mes remarques et informations dans mon petit calepin que je promenais absolument partout avec moi, un passant, où plutôt un local qui attendait également le bus capricieux me glissa qu'il ne s'agissait nullement d'une anomalie ou d'une preuve d'appartenance aux aliens, mais que certaines marques et certains modèles étaient fabriqués dans les pays occidentaux avec un volant à gauche. Ma théorie tombait donc à l'eau, s'effondrait, et moi-même je faillis en faire autant. Cette révélation avait coupé court à tous mes espoirs naissants qui n'étaient encore que des f½tus absolument désarmés.
Deux ou t
rois minutes après l'enterrement de mes espoirs-f½tus, le bus arriva, enfin. On commença à monter, tour à tour, mais cela n'avançait pas assez vite au goût du chauffeur semblait-il. En effet, celui-ci nous hurla l'ordre de nous dépêcher, et pour gagner du temps, il ne songea même pas à nous rendre la monnaie lors du paiement du transport. Sans doute pensait-il que le retard était notre faute. En tout cas, c'était encore un chauffeur qui ne dérogeait pas à la règle : c'était un vrai con.
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# Posté le mardi 08 septembre 2009 13:55

L'écriture, comme la parole, est à tout le monde. Prenez-la. Ce que vous avez à dire vaut la peine d'être crié ou écrit. Ouvrez vos gueules! - Martin Winckler

L'écriture, comme la parole, est à tout le monde. Prenez-la. Ce que vous avez à dire vaut la peine d'être crié ou écrit. Ouvrez vos gueules! - Martin Winckler
Lui, il est étrange. Il ne fait rien comme tout le monde. Et comble de l'étrangeté, il parle tout seul pour faire passer le temps !
Elle, elle e
st normale. Enfin si la normalité existe. Disons qu'elle n'a aucune caractéristique étrange.
Eux, ils
s'aiment depuis quelques temps déjà. Ils forment un couple tout à fait ordinaire, et ils sont heureux.
Jusque
là, tout va bien. Mais voilà, le bonheur parfait et calme, ça n'existe pas. Même dans les contes de fée il y a un événement perturbateur. La perturbation ici a un nom. Wouf. Etrange comme nom. En même temps, c'est un chien. On peut penser qu'ils ne sont pas allés très loin pour dénicher ce nom pharamineux, et c'est tout à fait vrai. La plupart des gens se creusent les méninges pour sortir un nom exceptionnel et pas ordinaire. Eux, c'est le contraire. Ils ont décidé de baptiser leur chien par le premier mot qu'il prononcerait. Ce premier mot s'avéra être « wouf », ils l'appelèrent donc Wouf.
Wouf
était un chien tout ce qu'il y a de plus normal. Il mangeait, buvait, bavait, jouait, dormait et aboyait. Il faut tout de même noter que Wouf ne répondait que très rarement aux ordres, non pas par manque de dressage, mais simplement par souci de barrière linguistique. C'est ainsi que lorsque Lui lui ordonnait d'aller chercher la balle, ou le bâton selon la version, Wouf se contentait de le regarder d'un air pathétique, comme s'il comprenait que Lui était atteint d'une maladie qui le rendait cinglé et qu'il compatissait.
Un
jour, Wouf disparut. Lui et Elle ne s'inquiétèrent pas. Ils pensaient bien qu'il était parti au Paradis de l'Os. Scrat avait bienussi à pénétrer dans le Paradis du Gland. D'ailleurs, quelques jours plus tard, Wouf réapparut.

* * * * *


Je
pourrai continuer encore longtemps les aventures de Lui, Elle et Wouf. Mais je pense que cela suffira amplement. La morale de cette histoire, c'est bien sûr les gens sont cons & que l'écrivain de génie se barre en vacances, profiter du soleil, du sable chaud et de la fête. Il en profite d'ailleurs pour vous souhaiter d'agréables vacances ensoleillées et chaleureuses.

Plus
sérieusement, la morale de cette histoire, c'est qu'une histoire n'a pas besoin de morale pour être stupide mais plaisante à lire. A plus bande de cactus fidèles =)
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# Posté le mercredi 08 juillet 2009 14:00

La littérature romanesque est une écriture au passé pour des lecteurs au futur. - Jean Hatzfeld

La littérature romanesque est une écriture au passé pour des lecteurs au futur. - Jean Hatzfeld
« Bienvenue au Louve Gallery, votre zoo artistique ! » Voilà ce que nous voulons entendre en entrant dans un musée. Nous en avons assez de ces expositions mortes d'antiquités ! Nous voulons de la vie, nous voulons de l'animation, nous voulons du changement !

Qui n'a jamais eu envie de dormir en suivant, pas à pas, piétinant de longues heures, ces groupes de visites guidées d'une langueur affolante ? Qui n'a jamais été effrayé, terrifié à la simple vue de ces galeries mortes d'une longueur interminable ? Nous voulons du neuf ! Nous demandons la création d'un Louve Gallery ou d'un Zooggenheim ! Nous demandons un zoo artistique attractif !

Mais à quoi ressembleraient ces zoos artistiques ? Tout simplement à unlange astucieux, à un croisement intelligent entre un mue, un zoo et un parc d'attraction. Imaginez un instant, rien qu'un court instant, les toiles et les sculptures du Louvre ou du Guggenheim réparties dans des salles-enclos, où le public pourrait s'amuser comme s'il était à Disneyland Paris ou au Parc Astérix ! C'est cela la clef de la réussite. Mêler le culturel, l'artistique à la distraction festive, à l'animation joyeuse !
Visualisez ces espaces regorgeant d'½uvres d'art. La Joconde ferait face à une création d'Ipoustéguy, le tout dans une salle éclairée par des néons fluorescents, alternant les flashs colorés et acidulés. Vert pomme. Orange mandarine. Bleu clair métallique. Ambiance discothèque. Des fauteuils à l'aspect futuristes et incroyablement confortables seraient disposés en face de chaque ½uvre, afin que les gens puissent s'asseoir tranquillement pour profiter au mieux de leurance de contemplation. Certains de ces fauteuils proposeraient même des massages, comme on peut voir dans les émissions de Télé-achats. Être bien installé et tout à fait détendu permet de mieux apprécier l'art. Le sol s'illuminerait d'un blanc aveuglant, tel un flash d'appareil photo ultra puissant, sous les pas des visiteurs, afin d'accentuer le côté dancefloor. Les parents pourraient venir au musée avec leurs bambins. Plus besoins de nourrices ou de garderies à l'entrée : les petits êtres bipèdes se déchaîneraient sur des rythmes endiablés diffusés dans des casques isolants qui seraient distribués à l'accueil pendant que papa et maman feraient le tour des ½uvres sans aucun souci !

De plus, la musique est également un art, d'où la possibilité ingénieuse de combiner musique, peinture, dessin, photographie et sculpture ! Ces lieux deviendraient de véritables condensés d'art de toutes époques et de tous lieux. Un melting pot artistique. Une salade duvres.

Oui
, nous voulons des musées vivants, où l'on puisse se divertir, s'instruire, se cultiver et s'éclater tout en même temps. Nous voulons un Louve Gallery ou un Zooggenheim ! Nous voulons des concentrés d'art et nous voulons de la beauté explosive pour tous !

# Posté le dimanche 21 juin 2009 03:54